Le solaire en copropriété : un marché
largement sous-exploité dans le 66

Les Pyrénées-Orientales comptent parmi les départements les plus ensoleillés de France métropolitaine — 2 700 heures de soleil par an à Perpignan, soit 15 % de plus que la moyenne nationale. Pourtant, si les maisons individuelles ont massivement adopté le photovoltaïque depuis 2020, les copropriétés restent très en retard. 35 % des immeubles de Perpignan ont été construits avant 1975, avec des toits-terrasses souvent plats et bien orientés : un potentiel considérable encore inexploité.

La complexité perçue — vote en assemblée générale, répartition entre appartements, démarches ENEDIS — freine souvent les projets. Ce guide démonte ces idées reçues et vous donne toutes les clés pour lancer et réussir un projet solaire dans votre copropriété des Pyrénées-Orientales.

35 %
des immeubles perpignanais construits avant 1975 — fort potentiel de toit-terrasse disponible
2 700 h
d'ensoleillement par an à Perpignan — meilleur rendement de France métropolitaine
15–30 kWc
puissance typique pour une copropriété de 10 logements sur toit-terrasse
Bon à savoir : la loi LTECV de 2015 a créé le cadre légal de l'autoconsommation collective, permettant à plusieurs foyers d'un même immeuble de partager directement la production solaire de leur toit. Ce dispositif, opérationnel depuis le décret du 28 avril 2017, change radicalement l'équation économique du solaire en copropriété.

Conditions légales : vote en AG
et règlement de copropriété

Avant tout projet, il faut comprendre le cadre juridique qui régit les décisions en copropriété. L'installation de panneaux solaires sur les parties communes (toit, toit-terrasse) est soumise à un vote en assemblée générale.

Vérification du règlement de copropriété

Avant de soumettre le projet en AG, le syndic ou le conseil syndical doit vérifier que le règlement de copropriété ne contient pas de clauses restrictives sur les aménagements des toitures. La loi Élan de 2018 a encadré ces restrictions : aucun règlement ne peut faire obstacle aux travaux d'amélioration de la performance énergétique approuvés en AG.

Zones ABF dans le 66 : dans le secteur sauvegardé de Perpignan, à Collioure, Villefranche-de-Conflent et plusieurs autres communes du 66, l'accord de l'Architecte des Bâtiments de France est obligatoire. Cet accord s'obtient avant le dépôt de la déclaration préalable de travaux en mairie. Prévoyez 2 à 3 mois de délai supplémentaire pour cette étape.
  • Vérifier que le toit-terrasse fait bien partie des parties communes du syndicat
  • S'assurer que le règlement ne contient pas de clause d'interdiction sur les toitures
  • Identifier si la commune est en zone ABF avant de lancer l'étude technique
  • Prévoir une étude de structure pour les toits anciens (charge des panneaux ~15 kg/m²)
  • Consulter le syndic en amont pour inscrire le point à l'ordre du jour de la prochaine AG

Les 3 schémas possibles
pour une copropriété solaire

Il n'existe pas une seule façon de déployer le solaire en copropriété. Trois modèles distincts s'offrent à vous, avec des avantages, des contraintes et des rentabilités différentes.

🔌

Parties communes uniquement

Le plus simple à mettre en œuvre : la production alimente exclusivement les parties communes (ascenseur, éclairage des couloirs, local vélos, parking…). Pas de répartition individuelle, pas d'accord avec les copropriétaires occupants. Le syndic gère le tout via le compteur des parties communes.

Simple — parties communes seules
💰

Vente totale à EDF OA

La totalité de la production est injectée sur le réseau et revendue à EDF via un contrat EDF OA collectif. Les revenus reviennent à la copropriété (caisse commune ou déduction des charges). Schéma adapté quand la consommation des parties communes est faible et que les appartements ne participent pas à l'autoconsommation.

Revenus collectifs — EDF OA
Meilleure rentabilité : l'autoconsommation collective offre le meilleur retour sur investissement, car l'électricité consommée évite d'acheter au tarif réseau (environ 0,22 €/kWh en 2026), tandis que la vente à EDF OA est rémunérée entre 0,06 et 0,10 €/kWh selon la puissance. L'autoconsommation vaut 2 à 3 fois plus que la vente.

Le rôle d'Enedis dans le comptage de partage

Dans le schéma d'autoconsommation collective, Enedis est l'opérateur du partage : chaque quart d'heure, le gestionnaire de réseau mesure la production totale de l'installation et calcule la part revenant à chaque consommateur participant selon la clé de répartition définie en AG. Cette opération est automatique et transparente pour les copropriétaires — elle n'exige pas d'équipement supplémentaire si le parc de compteurs est déjà au standard Linky.

Les 7 étapes d'un projet solaire
en copropriété — de l'idée à la mise en service

1

Étude préliminaire et faisabilité technique

Un installateur RGE visite la copropriété, évalue la surface disponible sur le toit-terrasse, l'orientation, la résistance structurelle et les éventuelles contraintes (zone ABF, PLU). Il produit une simulation de production (outil PVGIS) et une première estimation financière.

⏱ 2 à 4 semaines
2

Présentation au conseil syndical et choix du schéma

Les résultats de l'étude sont présentés au conseil syndical. Le schéma est choisi (autoconsommation collective, parties communes seules ou vente totale). Des devis comparatifs sont obtenus auprès de plusieurs installateurs RGE locaux dans le 66.

⏱ 2 à 6 semaines
3

Vote en assemblée générale (article 25)

Le point est inscrit à l'ordre du jour avec les devis, la simulation financière, la note sur les aides disponibles et la clé de répartition proposée. Le vote se tient : majorité absolue requise (article 25), avec possibilité de seconde AG à majorité simple si le seuil d'un tiers des voix est atteint.

⏱ À la prochaine AG ou AG extraordinaire
4

Démarches administratives et demande de raccordement

Dépôt de la déclaration préalable de travaux en mairie (voire de la demande d'accord ABF si la commune est concernée dans le 66). Simultanément, dépôt du dossier de raccordement auprès d'Enedis via la plateforme RACCOURCI. Enedis valide le schéma d'autoconsommation collective si ce modèle est retenu.

⏱ 4 à 10 semaines (mairie + Enedis)
5

Installation des panneaux et équipements

L'installateur pose les panneaux sur le toit-terrasse, installe l'onduleur (ou les micro-onduleurs), câble jusqu'au tableau électrique des parties communes. La pose sur toit-terrasse de copropriété prend généralement 2 à 4 jours pour une installation de 15 à 30 kWc. L'équipe doit être qualifiée RGE QualiPV.

⏱ 2 à 4 jours de chantier
6

Consuel et mise en service Enedis

Un organisme agréé (Consuel) contrôle la conformité électrique de l'installation et délivre l'attestation de conformité, indispensable pour le raccordement réseau. Enedis programme ensuite la mise en service et, pour l'autoconsommation collective, paramètre la clé de répartition dans ses systèmes de comptage Linky.

⏱ 2 à 6 semaines après fin de chantier
7

Contrat EDF OA collectif et mise en production

Si un surplus est revendu, l'installateur aide le syndic à souscrire un contrat EDF OA collectif. La copropriété commence à produire et à consommer sa propre électricité. Le monitoring en temps réel est accessible depuis l'application de l'onduleur — le conseil syndical peut suivre la production mois par mois.

⏱ Production active dès la mise en service
Délai global réaliste dans le 66 : de la décision en AG à la première production, comptez entre 4 et 8 mois selon les délais de la mairie locale, d'Enedis et des éventuelles contraintes ABF. Les projets sans zone ABF et avec un Enedis réactif peuvent se boucler en 4 mois.

Aides et financements pour les
copropriétés solaires en 2026

Les copropriétés bénéficient d'aides spécifiques, parfois méconnues, qui améliorent significativement la rentabilité d'un projet solaire dans les Pyrénées-Orientales.

💶

TVA à 10 % — Parties communes

Les travaux d'installation photovoltaïque portant sur les parties communes d'un immeuble de plus de 2 ans bénéficient du taux de TVA réduit à 10 % (au lieu de 20 %). Sur une installation de 30 kWc à 45 000 € HT, l'économie directe est de 4 500 €. L'installateur applique ce taux directement sur la facture — aucune démarche supplémentaire.

↓ –10 points de TVA sur la facture
🌿

Prime à l'autoconsommation CRE

La prime à l'autoconsommation est versée par EDF OA sur la base des kWh injectés, pendant 20 ans. Pour une installation collective de 15 à 30 kWc, le tarif 2026 oscille entre 0,06 et 0,08 €/kWh injecté. Sur une installation bien dimensionnée, cela représente plusieurs centaines d'euros de revenus annuels venant compléter les économies d'autoconsommation.

↑ Revenus sur 20 ans — contrat EDF OA
🏛

Subventions ADEME

L'ADEME soutient les projets d'autoconsommation collective dans les Pyrénées-Orientales dans le cadre de la transition énergétique territoriale. Des appels à projets sont publiés régulièrement. Les copropriétés peuvent également se rapprocher de l'ALEC 66 (Agence Locale de l'Énergie et du Climat de Perpignan) pour identifier les financements régionaux disponibles.

→ Consulter l'ADEME et l'ALEC 66
🏦

Éco-PTZ collectif

L'Éco-Prêt à Taux Zéro collectif permet à la copropriété d'emprunter sans intérêts jusqu'à 50 000 € par logement pour des travaux d'amélioration énergétique, dont l'installation photovoltaïque en autoconsommation. Ce prêt est souscrit par le syndicat auprès d'une banque partenaire. Chaque copropriétaire rembourse sa quote-part via ses charges.

↑ Jusqu'à 50 000 € / logement — 0 % d'intérêts
Cumul possible : TVA à 10 %, prime CRE sur 20 ans, subvention ADEME et Éco-PTZ collectif sont cumulables. Un installateur RGE expérimenté dans le 66 gère l'ensemble des dossiers d'aides pour vous — c'est l'un des critères essentiels à vérifier lors du choix de votre prestataire.

Questions fréquentes sur le solaire
en copropriété dans le 66

Quelle majorité faut-il pour voter des panneaux solaires en AG de copropriété ?
L'installation de panneaux solaires relève de l'article 25 de la loi du 10 juillet 1965 : il faut la majorité absolue de l'ensemble des copropriétaires, c'est-à-dire plus de 50 % des tantièmes du syndicat — présents ou absents. Si cette majorité n'est pas atteinte mais que le projet obtient au moins un tiers des voix, une seconde AG peut être convoquée dans les 3 mois où la décision sera adoptée à la majorité simple des présents et représentés (article 25-1).
Qu'est-ce que l'autoconsommation collective et comment ça marche dans le 66 ?
L'autoconsommation collective est encadrée par la loi LTECV de 2015 et le décret d'application du 28 avril 2017. Elle permet à plusieurs foyers d'un même immeuble de partager la production solaire d'une installation commune. Dans le 66, Enedis gère le comptage de partage : chaque quart d'heure, la production est répartie entre les participants selon une clé définie en AG (tantièmes, surface, usage). Chaque foyer consomme d'abord sa part de production solaire avant de puiser dans le réseau. C'est le schéma le plus rentable pour les copropriétaires.
Quelles aides financières existent pour une copropriété solaire dans les Pyrénées-Orientales en 2026 ?
En 2026, les copropriétés peuvent cumuler : TVA à 10 % sur les parties communes (–10 points sur la facture HT), prime à l'autoconsommation CRE sur 20 ans via un contrat EDF OA collectif, des subventions ADEME accessibles via appels à projets (rapprochez-vous de l'ALEC 66 à Perpignan), et un Éco-PTZ collectif sans intérêts jusqu'à 50 000 € par logement. Ces aides sont cumulables et votre installateur RGE constitue les dossiers.
Quelle puissance installer pour une copropriété de 10 logements à Perpignan ?
Pour une copropriété de 10 logements à Perpignan, une installation de 15 à 30 kWc sur toit-terrasse est typiquement dimensionnée. La fourchette dépend de la surface disponible, de l'orientation et de la consommation des participants. À Perpignan (2 700 h/an), 20 kWc produisent environ 24 000 kWh/an, soit environ 2 400 kWh par logement — ce qui peut couvrir 25 à 40 % des besoins électriques d'un appartement moyen selon son profil de consommation.
Le règlement de copropriété peut-il bloquer un projet solaire après un vote favorable en AG ?
Non — la loi Élan de 2018 a renforcé le principe selon lequel aucun règlement de copropriété ne peut faire obstacle à des travaux d'amélioration énergétique approuvés en AG selon les majorités légales. Si le règlement contient des clauses restrictives, une modification à la majorité de l'article 26 (deux tiers des tantièmes) suffit à les lever. En revanche, dans les zones ABF du 66 (secteur sauvegardé de Perpignan, Collioure, Villefranche-de-Conflent…), l'accord de l'Architecte des Bâtiments de France reste obligatoire, indépendamment du vote en AG.